samedi 24 juin 2017

Pholidoptera femorata: femelle et juvénile

C’est à l’occasion de la rencontre avec une belle femelle Pholidoptera femorata en faisant ma tournée matinale dans le jardin que je reviens sur cette belle espèce de sauterelle.

Pholidoptera femorata,femelle, un pronotum avec une large bande blanche tache de pourpre.

Présente dans mon jardin je la revois année après année, je me suis rendue compte que je n’avais photographié que le mâle.
C’est une decticelle, c’est-à-dire qu’elle est reconnaissable à ces plantules libres que l’on voit sur les pattes postérieures.

Pholidoptera femorata,femelle, détail des pattes postérieures avec leurs plantules libres.

Elle ne vole pas, parce que ses ailes sont très courtes, les tegmina des mâles à peine visibles et ceux de la femelle totalement invisibles.
Le pronotum les couvre entièrement.

Pholidoptera femorata,femelle,  un pronotum couvrant entièrement les tegmina.

Si elle ne vole pas, elle saute très bien. C’est  la large bande blanche sur les côtés du pronotum qui sert à la distinguer d’espèces voisines. Cette bande  comporte aussi une tache pourpre  qui fait partie des critères de reconnaissance.
Pholidoptera femorata,femelle,  vue de profil

Pour être sûr de voir P. femorata femelle il faut observer le 7ème sternite abdominal : on y voit une protubérance au milieu.

Pholidoptera femorata,femelle,  détail du 7 éme sternite abdominal, avec une protubérance au milieu.

Un petit conseil si on voit observer une sauterelle sans lui causer de dommage, il faut bien saisir les 2 pattes postérieures ensemble. Ainsi elle ne risque pas d’essayer de se sauver en s’arrachant une patte. Vous remarquerez ensuite la sauterelle se nettoyant les pattes, elle n’aime pas qu’on la touche, ce qui est normal !!

Pholidoptera femorata,femelle, celle-ci a le dessous jaune verdâtre!

Aussi appelée la Pholidoptère précoce, c’est cette année qu’elle justifie le plus ce surnom. J’ai vu la femelle le 22 juin. Alors que les années précédentes  j’en avais vu en juillet et en août pour certaines.

Comme j’ai année après  année cette sauterelle dans le jardin, j’ai cherché ce printemps à voir les stades juvéniles. C’est par élimination que j’ai procédé connaissant assez bien mes pensionnaires .Voilà deux petites images de Pholidoptera  femorata au début de sa vie . 

Pholidoptera femorata, juvénile

On reconnaît surtout la large forme du pronotum et cette zone blanche  qui se dessine déjà.Les fameuses plantules libres des decticelles sont  aussi déjà bien présentes.

Pholidoptera femorata, juvénile vue de dessus.

 Ces sauterelles sont peu visibles dans la végétation haute que je laisse dans certains coins du jardin. C’est leur royaume et je suis contente qu’elles s’y plaisent bien ; de temps en temps  on se croise et elles m’offrent une photo !

Si vous voulez voir le mâle c’est ici.
C'est une espèce présente dans une petite moitié sud du pays : elle aime les herbes thermophiles, denses et sèches, ce qui vaut sans doute aussi son surnom de Decticelle des friches.

mardi 20 juin 2017

Phrissotrichum tubiferum naît dans les boutons floraux des cistes !

Les charançons ne sont jamais les bienvenus dans un jardin surtout ceux qui s’en prennent aux boutons floraux, les empêchant de se développer. Mais celui que je vous présente, outre le fait que si petit, il passe en général inaperçu, ne s’en prend qu’à une plante le plus souvent « sauvage », le ciste. Bien sûr il existe des cistes cultivés, j’en ai un dans mon jardin, des voisins aussi, mais sur les nombreux boutons floraux qui vont égayer le jardin , la perte de quelques –uns ne se voit pas.
Phrissotrichum Tubiferum  mâle à la toise*

Phrissotrichum  tubiferum fait partie de la famille des  Apionidae. Ces petits charançons ont une taille comprise entre 1 et 6 mm, leurs antennes ne sont pas coudées. Beaucoup sont liés à une famille végétale.

Phrissotrichum tubiferum mesure entre 2 et 3,2 mm. En forme de poire, c’est dire que les élytres très bombés, sont renflés vers l’arrière.
Phrissotrichum Tubiferum , mâle, piriforme.*

Ces élytres sont aussi striés : les stries fines délimitent des interstries assez larges  c’est un critère pour différencier Phrissotrichum tubiferum, d’une espèce voisine. Des soies blanches recouvrent  les élytres : une rangée de soies longues dressées, celles des stries courtes et couchées.
Phrissotrichum Tubiferum : femelle avec des soies blanches longues alternant avec d'autres courtes et couchées sur les élytres.*

On les retrouve aussi sur la tête, le pronotum, les pattes.
Avec ces soies bien blanches sur un fond noir on a l’impression de voir un insecte recouvert  de surpiqûres blanches ! Son rostre droit et long pointé en avant comme pour mieux explorer son milieu lui donne une allure particulière.
Phrissotrichum Tubiferum  comparaison : femelle en haut, mâle en bas.*

 Il permet aussi de reconnaître mâle et femelle. Celui du mâle est le plus court équivalant à la longueur de la tête et du pronotum réunis. La femelle en possède un encore plus long mais aussi plus fin.
Phrissotrichum Tubiferum  rostre de femelle.*

Le front est strié, ce qui se voit bien sur certaines photos ; les yeux sont peu saillants.
Phrissotrichum Tubiferum  rostre de mâle , front strié.*

Les antennes sont insérées au milieu pour le mâle, en arrière du milieu pour la femelle.

Les œufs sont pondus  en octobre novembre dans les boutons floraux et y restent en incubation jusqu’au printemps. Les fleurs avortent tandis que l’ovaire mûrit, on trouve en juillet une larve par loge qui ronge les graines. La capsule qui contient  les graines des cistes, très petites et fines,  est divisée  en plusieurs loges. En recueillant des graines j’ai souvent rencontré des loges vides ou percées !
Phrissotrichum Tubiferum  femelle , vue de dessous.*


Les adultes se rencontrent d’avril à septembre dans la partie méridionale du pays ainsi qu’en Espagne, Italie.
Infos extraites de :Coléoptères phytophages d'Europe, tome 3 de  Gaëtan du Chatenet.
Faune de France, 62, Coléoptères curculionides, Adolphe Hoffmann, tome 3 disponible sur le web.

* images grossies entre 3 et 5 fois.

samedi 27 mai 2017

Coquelicot au petit déjeuner!

Plaidoyer pour le coquelicot!
Voilà le sous-titre que j'aurai pu donner à cet article.
En limite de gazon et de prairie, il y a une ligne où, année après année repoussent des coquelicots.Souvent ils sont plutôt chétifs, mais cette année, sans doute ont-ils eu la pluie au bon moment, ils sont très beaux. Bien éclairés, ils attirent de très nombreux insectes. Et c'est cet diversité que je veux montrer sans cette fois rentrer dans les détails d'une identification minutieuse!  J'y suis resté environ une demie heure .
Les abeilles se succèdent rapidement.
Les plus nombreuses : des halictes, ici de grande taille.

Deux cette fois, se font face.

Toujours une halicte mais de petite taille


Madame Xylocopa violacea et monsieur Oedemera nobilis

Madame Xylocopa sous un autre angle

Un bourdon qui m'avertit de son arrivée et me demande de me pousser ainsi qu'à l'occupante des lieux.Tout en haut un minuscule diptère ne semble pas impressionné.



Voilà la place est à lui et il se régale!

 On y vient aussi pour se marier comme ces Psilothrix viridicoerulea, le troisième, lassé de tenir la chandelle, va se restaurer.

Un syrphe  grapille les grains de pollen tombé sur les pétales.

Mon copain un juvénile de grande sauterelle verte vient voir si la place est libre!

Celui-ci, un autre, a trouvé le bon filon : des étamines bien goûteuses et facilement accessibles!

Là, chacun cherche encore l'accès au buffet.


Un tout jeune exemplaire de Phaneroptera nana, la plus tardive des sauterelles de mon  jardin, au premier stade de développement.


Le coquelicot sert de nombreux repas à tout ce petit peuple de l'herbe.Encore n'y ai-je pas mis les petites araignées qui piègent les attardés ou les moins rapides et ensuite ceux qui se nourrissent des racines, des graines...
 .
A l'heure de midi, le beau coquelicot a perdu de sa superbe, les pétales sont tombés et ne reste que le futur fruit.
Mais prolifique , le lendemain matin de nouvelles fleurs s'épanouissent pour nourrir tout ce petit monde! 

samedi 20 mai 2017

Chloromyia formosa, la chloromyie agréable,des mouches aux couleurs métalliques

Parfois, plusieurs sujets d’une même espèce se trouvent sur la piscine. C’est parce que de nombreux individus ont émergé en même temps, et certains moins dégourdis se sont trompés croyant trouver là un milieu favorable.
Chloromyia formosa,le mâle

Ce fut le cas lorsque j’ai trouvé d’abord 3 mâles de cette curieuse mouche aux jolies couleurs métalliques. Puis un peu plus tard ce fut une femelle. C’est donc l’occasion de les présenter.
Les diptères (des mouches plus simplement) n’ont que 2 ailes. Mais elles  présentent un vague souvenir de la seconde paire d’ailes sous forme d’un balancier, bien visible sur la photo du dessous.
Chloromyia formosa,femelle, balancier bien visible.

Le mâle est dans l’exemplaire trouvé plus cuivreux, alors que la femelle est bleu vert métallique.
Chloromyia formosa,mâle, vue de face, les yeux jointifs.

Tous deux ont les yeux fortement velus. Ceux du mâle sont jointifs, ceux de la femelle plus écartés.
Chloromyia formosa,mâle, un abdomen aplati et bien poilu

Le corps du mâle est aussi couvert d’une pilosité bien plus abondante.
 Les C formosa se reconnaissent à leurs pattes sombres avec les  genoux jaunes.(une espèce voisine, C. speciosa présente les tarses  postérieurs  jaunes ).
Chloromyia formosa,femelle , détail de l'antenne.

Les antennes courtes  comprennent 4 articles (le 1er plus long que le 2éme) surmontés d’un poil appelé arista.
Chloromyia formosa,femelle , les yeux bien écartés

Ces mouches se nourrissent  de pollen sur les fleurs .Les larves vivent dans l’humus sur le sol. Elles sont très fréquentes en Europe , c’est en juillet que l’on en voit le plus ! Ici, elles sont sans doute pris un peu d’avance.
Dans le jardin je les rencontre souvent pendant la première quinzaine du mois de mai.
Chloromyia formosa,mâle dans le jardin, en 2012!

Infos tirées du : Guide des mouches et des moustiques, J.et H. Haupt

lundi 15 mai 2017

Halictus(Seladonia) subauratus, une magnifique abeille dorée!

Je suis toujours contente de voir des abeilles solitaires dans mon jardin. Mais leur rapidité d’envol me prive souvent des détails qui me permettraient de les identifier.
Halictus(Seladonia) subauratus se nourrissant.

Alors quand j’en trouve sur la piscine, je les recueille avec beaucoup de soin, d’abord pour  les laisser récupérer et ensuite tant qu’elles ne sont pas encore bien sèches, elles ne peuvent pas s’envoler et me permettent ainsi une séance photo plus détaillée.
Halictus(Seladonia) subauratus au sortir du bain!
Ce fut le cas avec cette petite Halicte.

Je me suis servie d’une clé fort bien faite disponible sur le net : Pauly, 2015: Clé des Halictidae de Belgique.(Je vous rassure nous sommes voisins et les halictes de Belgique et de France sont souvent les mêmes.)
Halictus (Seladonia ) subaurata détail de l'aile avec ses 3 cellules cubitales (1,2,3) et la nervure basale arquée ( flèche).

C’est d’abord l’aile antérieure qu’il faut observer.

On y observe 3 cellules cubitales et une nervure basale arquée, ces détails permettent d’arriver au genre Halictinae.

Les femelles dans cette famille présentent au dernier tergite une ligne verticale presque glabre avec des poils très courts entourés de poils plus longs qui est bien visible.
Ces abeilles présentent des bandes de poils clairs sur le bord postérieurs des tergites, bien visibles sur le détail de l'abdomen.
Halictus (Seladonia ) subaurata détail des tergites , le dernier avec sa fente verticale.

Cette famille a été divisée en plusieurs sous familles. Notre specimen présente une couleur vert bronzé métallique qui nous conduit vers la sous –famille   Séladonia.

Nous avons donc une femelle halicte de la sous-famille Seladonia.

Quelques détails visibles permettent ensuite d’arrive au genre.
Je lis ensuite  les choix proposés pour cette sous-famille et voici ce que je retiens en voyant mes images:
Halictus (Seladonia ) subaurata détail de l'aire propédeurale en forme de croissant déprimé


  • Aire propodéale (concerne le propodeum accolé à l’arrière du thorax) en forme de croissant légèrement déprimé.
  • La ponctuation du scutum (partie dorsale du thorax) plus dense, la coloration du corps plus dorée( et non pas vert bronzé) et les pattes plus claires ou plus orangées (pas les pattes sombres).
Ce qui est aussi déterminant : la taille près de 8 mm pour mon sujet et un tout petit détail vient me conforter dans mon identification :

  • calcar des tibias postérieurs avec 6 ou 7 petites dents .Un calcar est la petite épine au bas du tibia. On y voit 6 ou 7 petites dents.(alors que Halictus (Seladonia) smaragdulus n’en compte que 4)
Halictus (Seladonia ) subaurata détail du calcar avec ses 6 ou 7 petites dents.

Nous sommes alors en présence de Halictus (Seladonia) subauratus.

Halictus (Seladonia ) subaurata , femelle

C'est une espèce qui aime les zones chaudes mais on la rencontre en Europe depuis l'Espagne  à la Sibérie, un France un peu partout mais en plus grand nombre dans le sud.
Je les trouve sur les fleurs de trèfle, d'une année à l'autre.
Halictus (Seladonia ) subaurata , petite abeille  dorée sur la fleur de trèfle.